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Une famille peut en cacher une autre

 

Comédie théâtrale en 3 actes de Yvon Taburet.

10 Personnages (4 Hommes, 6 Femmes). Il existe également une version 5 femmes ,5 hommes.

Décor : Un salon bourgeois

Durée : 110 minutes

Résumé : Afin de décrocher un gros contrat, Romain, un jeune patron d’entreprise, a accepté l’étrange caprice de son client qui exigeait de venir conclure l’affaire à domicile, en présence de la famille de Romain. Le seul hic est que Romain a rompu avec sa véritable famille; il va donc louer les services de la famille d’un de ses fidèles employés qu'il installe dans une magnifique demeure ; seulement, on ne s’improvise pas grands bourgeois du jour au lendemain, c’est ce que découvrent peu à peu les membres de cette fausse famille. Des rôles très contrastés: d’un côté des bourgeois snobs et suffisants et leur fille, grande bringue totalement inhibée , de l’autre, les parents de «substitution», braves prolos très nature, la grand-mère qui l’est tout autant et la fille plutôt baba-cool. Pour soutenir Micheline, la mère, Juliette, la copine de toujours acceptera, en prenant son rôle très à cœur, de venir jouer les employées de maison. Mais… Au fait… Qu’est ce qui peut bien pousser l’industriel à venir signer des contrats en présence de la famille de Romain? Aurait-il une idée derrière la tête? Jeux de mots, situations comiques et personnages hauts en couleur sont les ingrédients de cette joyeuse comédie de l’auteur de «grand-mère est amoureuse» et d’«un réveillon à la montagne»

MPORTANT : Cette pièce est non éditée, je peux vous la fournir sur simple demande. Merci de bien vouloir préciser le nom de la troupe et sa localisation.

Lire un extrait

 

 

 

 

 

 

Extrait

 

ACTE 1
(Victor entre sur scène, il est vêtu d’un bleu de travail. Après avoir tâté le canapé pour en
vérifier le confort, il s’installe, s’adosse puis finit par mettre les pieds sur la table basse du salon.
Il savoure le moment, visiblement heureux. En coulisse, on entend la voix de Micheline qui
pousse des cris d’extase ponctués de «Ho la la!»)

Micheline : (voix off) Oh la la!.... Oh la la!
(Un temps, puis elle entre, côté jardin. Elle est vêtue d’une blouse)
Micheline : Non mais, tu as vu? Tu as vu la salle de bain? Je ne sais pas pourquoi je dis salle de bain, vue la taille de la baignoire, je pourrais aussi bien dire la piscine... Tu as vu, on pourrait se tenir à quinze dans la baignoire. C’est incroyable non?
Victor : Micheline, je ne vois pas ce qu’on ferait à quinze dans une baignoire, tu peux toujours inviter une équipe de rugby si ça te chante, moi, à partir du moment où je ne suis pas obligé de leur gratter le dos et de leur passer la savonnette.
Micheline : Et la température pré réglée? Tu tournes le robinet et tout de suite tu as de l’eau tiède! Tu te rends compte! De l’eau tiède! Tu ne trouves pas cela génial?
Victor : Je vois que tu as découvert l’eau tiède, c’est bien Micheline, c’est bien.
Micheline : C’est ça! Moque-toi de moi! Dis donc! Tu crois que ça t’autorise à mettre les pieds sur la table? Fais attention! Tu vas l’abîmer. Victor! Voyons!
Victor (enlevant ses pieds) : Oh! C’est bon! Je fais comme je veux...Après tout je suis chez moi... Enfin presque.
Micheline : Oui presque... Je ne te le fais pas dire... Nous sommes... presque chez nous, seulement ce n’est pas chez nous... Je vais te dire Victor, moi ça me fait peur. Tout ce luxe, tous ces machins... C’est bien simple, je n’ose même pas m’asseoir tellement j’ai peur de salir... Nous n’aurions jamais dû accepter....Tu crois qu’on y arrivera ?
Victor : Bien sûr qu’on y arrivera! Ce n’est tout de même pas compliqué de jouer les riches! Moi je trouve plutôt ça bien comme job... C’est tranquille! (Il remet ses pieds sur la table.)
Micheline : Victor! Tes pieds!
Victor : Micheline! Arrête de me les casser mes pieds. J’ai tout de même droit de les mettre où je veux. Tiens! Viens t’asseoir un peu, toi aussi... Fais comme moi! Entraîne-toi à ne rien faire, tu verras, c’est très facile. Allez! Viens que je te dis! Assieds-toi ! (Elle s’assied avec précaution sur le bord du canapé.) Maintenant, tu fais comme moi. (En décomposant lentement ses gestes, il croise ses doigts puis tourne ses pouces.) Tu as bien vu ? À toi. (Micheline, à son tour se tourne les pouces.)
Holà ! Moins vite ! Rappelle-toi que tu es riche. Tu n’as rien d’autre à faire que de te tourner les pouces... Dou-ce-ment. (Il tourne ses pouces au ralenti, bientôt imité par Micheline.) C’est bien ! Tu vois que tu y arrives.
Micheline : (Elle sourit puis s’arrête et jette un regard circulaire sur les tableaux) Toutes ces horreurs! Qu’est ce que c’est moche!
Victor : Ce n’est pas moche, c’est de l’art.
Micheline : Tu trouves que c’est de l’art? Ben moi, je trouve que c’est plutôt du cochon.
Victor : Faut reconnaître que c’est différent de ta collection de calendriers de la poste. A chacun ses goûts.
Micheline : Victor! Dis-moi tout de même que j’ai raison. Ma collection de « petits chatons dans la corbeille» c’est tout de même plus joli que ça. Non?
Victor : Chacun ses goûts! Faut que tu le saches, les riches, ils n’aiment pas trop «les petits chatons dans la corbeille.»
Micheline : Et pourquoi ils n’aiment pas « les petits chatons dans la corbeille»?
Victor : Parce que... C’est comme ça! ... Ils les prennent pour faire plaisir au facteur mais après ils les fourguent dans un tiroir.
Micheline :Je ne te crois pas.
Victor : Si je te le dis!
Micheline : Comment peut-on mettre les «petits chatons dans la corbeille» dans un tiroir? C’est insensé! Et tout ça pour préférer des barbouillages?
Victor : Ce ne sont pas des barbouillages... Tiens!... Prends ce tableau par exemple... Tu sais ce que ça représente? Non? Et bien figure-toi qu’il représente tout simplement l’exact reflet de nos angoisses existentielles.
Micheline :Non!
Victor : Et ben si!
Micheline : Et qu’est ce que ça veut dire?
Victor : J’en sais rien. C’est Romain qui m’a dit de dire ça.
Micheline : Et toi tu répètes bêtement sans savoir ce que ça veut dire?

Victor : Ça n’a pas d’importance. L’essentiel, c’est que ça fasse riche parce que vois-tu, si tu veux jouer les riches, tu as intérêt à causer riche.
Micheline : T’as intérêt! T’as intérêt! Tu en as de bonnes! Si tu crois que ça va être facile! J’ai jamais appris à causer riche, moi!
Victor : Ce n’est pas compliqué, tu auras qu’à reprendre ce qu’ils disent, ils ne s’en rendront pas compte parce que, vois-tu, les riches, on leur a peut-être appris à parler mais pas forcementà écouter. La plupart d’entre eux n’entendent que leurs propres mots, il te suffira de les répéter et pour le reste, tu n’auras qu’à faire comme les petits chiens en plastique qu’on met sur les plages arrières des voitures, tu agiteras la tête de temps en temps, comme ça.
(Il mime la scène.)
Micheline : (mimant à son tour) Ca va être gai!


(Entrée d’Émilie. Elle est habillée baba-cool.)