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Une clinique sous tension

 

Comédie théâtrale policière et hospitalière en 2 actes de Yvon Taburet.

11 Personnages : 7f4h ou 9 f 2h (les rôles de l’inspecteur et de l’adjoint pouvant être féminisés). A noter que le rôle de Muriel peut être masculinisé sans problème, il suffit de changer le prénom. La distribution sera alors de 6f 5h 

Décor : Un couloir de clinique.

Durée : 90 minutes (78 pages)

Résumé : La clinique des Rosiers connaît ce matin là une agitation inhabituelle, son directeur, Monsieur Andrieux vient d’être retrouvé mort dans une salle de soins fermée à clé. Si l’idée du suicide est d’abord évoquée, très rapidement l’inspecteur Goupil, flanqué de son indécrottable inspecteur adjoint Barnier, découvre qu’il s’agit probablement d’un meurtre. Qui pouvait en vouloir ainsi au directeur ? Les suspects sont nombreux et les mobiles ne manquent pas. Ainsi Tiphaine Garnier, la volcanique agent de service dont le directeur était fou amoureux, n’était-elle pas en compagnie de son amant, le Docteur Coulomb, sur le même palier au moment du crime ? Et Madame Andrieux, la femme du directeur, que faisait-elle de si bonne heure dans la clinique ? Le Docteur Morel, la responsable médicale si attachée à la bonne marche de l’établissement, n’avait-elle pas des appréhensions légitimes face au nouveau projet du directeur ? Quant à Madame Lambert patiente hospitalisée, schizophrène, aurait-elle pu avoir une pulsion subite en croisant le directeur ? Tout comme Franck Dubois, hospitalisé pour un traumatisme crânien qui ne supporte pas la contradiction… La liste est encore longue et chacun et chacune sera soupçonné jusqu’au dénouement final.
Après le succès du « coupable est dans la salle » l’auteur récidive pour vous proposer cette énigme policière qui alterne sérieux et humour tout en entretenant un véritable suspense.

 

Lire un extrait

 

 

 

 

 

Extraits

 

Sophie- (manipulant son portable) Mais qu’est ce qu’ils font ! C’est toujours la même histoire, la police, elle n’est jamais là quand on a besoin d’elle.

(Entrée par la salle de l’inspecteur et de son adjoint.)

L’inspecteur- Bonjour, Messieurs Dames… Ne vous dérangez pas, on ne fait que passer.

L’adjoint- Chef, je crois qu’on s’est trompés… On est passés par les urgences.

L’inspecteur- Tous les chemins mènent à Rome, mon petit Barnier. Par là, on devrait y arriver plus rapidement.

L’adjoint- Vous avez vu, chef… Y en a qu’on l’air salement amochés. Oh les pauvres ! Vous croyez que ça fait longtemps qu’ils attendent ?

L’inspecteur- Vous savez, Barnier… Ils prennent en priorité les cas les plus graves.
(L’adjoint se penche vers quelques spectateurs.)

L’adjoint- Je ne suis pas spécialiste, mais quand je vois ceux là… A mon avis, ils n’ont pas l’air très frais. (Aux spectateurs) Ne vous inquiétez pas ! Ce ne sera pas long… On va venir vous chercher…Si ça ne va pas, allongez-vous et respirez profondément !

L’inspecteur- Barnier ! Vous n’allez pas commencer à jouer les urgentistes.

L’adjoint- Chef… Vous savez, j’ai mon brevet de secouriste.

L’inspecteur- Et bien, vous irez secourir lorsqu’on vous demandera de secourir…Mais pour le moment, on ne vous demande rien… Allons Barnier… Ne traînez pas… Je vous attends.

L’adjoint- Y en a une ou deux à qui je ferais bien du bouche à bouche, moi… Voilà chef, j’arrive… (Aux spectateurs) Bonne chance !
(Ils montent sur scène.)

Sophie- (les apercevant) Ah vous voilà ! Docteur Morel, je suis responsable médical de cette clinique. C’est moi qui vous ai appelé…

L’inspecteur- Bonjour Docteur ! Inspecteur Goupil et voici l’inspecteur adjoint Barnier. Alors ? De quoi s’agit-il exactement ?

Sophie- Il s’agit d’un suicide. Monsieur Andrieux, le directeur de cette clinique a mis fin à ses jours.

L’adjoint- Vous êtes sûre qu’il est bien mort ? Parce que des fois, on a vu des cadavres qui se relevaient.

Sophie- Lui, il ne risque pas… Quand on s’est tranché la carotide et qu’on a perdu trois ou quatre litres de sang, vous savez, on ne se relève pas facilement.

L’adjoint- Avez-vous une idée de l’heure du suicide ?

Sophie- Moins de trois heures, probablement… La température du corps n’avait pas encore baissé… J’ai vérifié avec un thermomètre auriculaire après vous avoir téléphoné.

L’inspecteur- Et bien, c’est parfait … Vos collègues de l’institut médico légal pourront confirmer tout cela… Il est possible de le voir ?

Sophie- Rien de plus simple… Il vous suffit de pousser cette porte.
L’inspecteur- Et bien… Allons-y ! Vous venez Barnier ?

L’adjoint- Non merci, chef… Je crois que je vais plutôt rester là pour empêcher les curieux d’entrer.

Sophie- Remarquez… Si vous êtes sensible, vous faites le bon choix parce qu’effectivement, ce n’est pas joli, joli à voir.

L’inspecteur- Ben alors Barnier ? Je croyais que vous étiez secouriste ?

L’adjoint- Non… C’est pas le problème… Mais… On risque de se gêner à deux… Vous arriverez bien à vous débrouiller sans moi ? Non ?

L’inspecteur- Je vais essayer, Barnier… Je vais essayer.
(Il entre dans la pièce.)

L’adjoint- (à Sophie) Il est bien gentil mais si je l’écoutais, il faudrait le suivre partout… C’est bon… Je peux le lâcher de temps en temps, pas vrai ?

Sophie- Ben voyons !
(Entrée de Jérôme, il sort de la chambre de garde.)

Jérôme- (à Sophie) Ca y est ! Madame Andrieux commence à récupérer… Ce n’était qu’un simple malaise… Je l’ai laissée entre les mains de Fabienne. Tu penseras à lui reprendre sa tension dans un quart d’heure… Moi, je retourne dans mon service… (S’adressant à l’adjoint) monsieur ?

Sophie- Monsieur est de la police.

L’adjoint- (à Jérôme) Et vous ? Vous êtes ?

Jérôme- Docteur Coulomb, je suis médecin. Vous m’excuserez, j’ai des consultations, je dois retourner dans mon service.

L’adjoint- Vous ne travaillez pas ici ? Mais qu’est ce que vous faites là, alors ?

Jérôme- Cette nuit, j’étais de garde, j’ai donc dormi dans la chambre de garde… Enfin, quand je dis dormi, le terme est peu approprié… Disons qu’on essaie de se reposer entre deux  prescriptions. Il faut pouvoir être disponible pour répondre à une demande infirmière ou pouvoir seconder, au besoin, les collègues médecins urgentistes… J’ai eu de la chance, cette nuit, c’était plutôt calme… Et maintenant je vais assurer mes consultations jusqu’à midi. Comme vous pouvez le constater, le quotidien d’un médecin n’est pas toujours de tout repos.

L’adjoint- Vous avez dormi là et vous n’avez rien entendu.

Jérôme- Et non ! Rien vu, rien entendu… Vous savez, sur ce palier, on ne s’attend pas à être dérangé. A part la salle de soin et la chambre de garde, il n’y a pas de chambres de patients, donc peu de déambulation. Bon… Je vous laisse… Sophie, on se voit plus tard ?

Sophie- Bien sûr… Je repasse au bloc afin de vérifier qu’il y a bien un remplaçant pour assurer les urgences et je reviens voir l’inspecteur pour organiser le transfert de Monsieur Andrieux.
(Elle sort, côté jardin, tandis que Jérôme sort côté cour. Au  moment où il s’apprête à sortir, arrivée de Tiphaine.)

Tiphaine- Bonjour Docteur Coulomb !

Jérôme- Oui… Heu… Bonjour Mademoiselle Garnier.

Tiphaine- Vous étiez de garde, je crois… Vous avez passé une bonne nuit ?

Jérôme- Heu… Oui, oui.

Tiphaine- C’est important de bien récupérer si on veut assurer le matin, pas vrai, Docteur Coulomb ?

Jérôme- Euh… Oui, oui.
(Il sort.)

Tiphaine- En parlant de récupérer… Il va être temps que je récupère mon chariot. Avec tous ces va et vient, c’est que je ne suis pas en avance, moi… (Apercevant l’adjoint) Bonjour ! Je peux vous aider ?

L’adjoint- Police ! Qu’est ce que vous voulez ? Allez ! Faut pas rester là.

Tiphaine- Hé ! Attendez ! Je viens juste récupérer mon véhicule… (Désignant son chariot) J’espère que vous ne m’avez pas collé une prune pour stationnement abusif… C’est vrai que je ne suis pas bien garée et je n’ai pas eu le temps de mettre mon disque bleu, mais tout de même...

L’adjoint- Vous vous fichez de moi ? Je vais vous apprendre à respecter l’autorité… Pour commencer, papiers !

Tiphaine- (se penchant vers son chariot, elle sort un rouleau de papier hygiénique et le lui tend.) C’est ça que vous voulez ? Vous, vous avez du bol de tomber sur moi, j’ai toujours ce qu’il faut…Ben quoi ? Ce n’est pas cela que vous vouliez ?

L’adjoint- (avançant vers elle menaçant) Vous savez que je n’aime pas du tout qu’on se fiche de ma poire.

Tiphaine- (ironique) Arrêtez ! Vous allez finir par me faire peur.
(La porte de la salle de soin s’ouvre. L’inspecteur se tient sur le seuil.)

L’inspecteur- Et bien, et bien ? Que se passe t-il ?

L’adjoint- Attitude irrespectueuse, chef… Cette personne a tendance à se moquer des représentants de la loi, chef. Je lui demande ses papiers, elle me tend du PQ, chef.

Tiphaine- Qu’est ce que vous voulez que je vous montre ? Vous croyez que je me trimballe dans les couloirs avec mon sac à main ?  Franchement, c’est un sacré comique, votre collègue !

L’adjoint- Ah ! Ne recommencez pas ! Ca suffit !

L’inspecteur- Voyons Inspecteur adjoint Barnier !  On se calme.

L’adjoint- Mais chef, vous voyez bien… C’est elle qui…

L’inspecteur- C’est bon, Barnier ! (À Tiphaine) C’est vous qui avez fait le ménage ici, ce matin.

Tiphaine- Euh… Oui, c’est mon étage.

L’inspecteur- Et ce matin, vous avez fait le ménage dans cette salle de soins ?

Tiphaine- Ben non, justement ! C’est pour cela que je suis venue… Je vais la faire maintenant.

L’inspecteur- Et bien, non… Vous n’allez pas la faire.

Tiphaine- Ah… Vous êtes bien gentil, Monsieur le commissaire…

L’inspecteur- Inspecteur… Je ne suis qu’inspecteur.

Tiphaine-Vous êtes bien gentil quand même… N’empêche que si la mère Tapedure… Euh… Je veux dire si Madame Duroc, ma responsable, s’aperçoit que le boulot n’est pas fait, je vous dis pas l’avoinée que je risque de prendre… Ca se voit que vous ne la connaissez pas, Monsieur l’inspecteur parce qu’elle aussi pour inspecter, elle est balèze… Elle traque la moindre poussière… Avec elle, les bactéries, elles ont intérêt à bien se tenir… Elle les a à l’œil, je vous le dis… Vous ne connaissez pas la mère Tapedure ? Quand vous la rencontrerez, vous verrez, vous la reconnaîtrez tout de suite, c’est bien simple, elle fait encore plus peur que votre adjoint, c’est vous dire !
(Dès le début de la conversation, Fabienne est sortie de la chambre de garde et se tient derrière Tiphaine.)

L’inspecteur- Vous allez me dire si je me trompe… Mais mon instinct de flic me dit que vous êtes Madame Duroc. C’est bien ça ?

Fabienne- Bonne intuition ! Fabienne Duroc, cadre de santé… Parait-il que certaines m’appellent autrement … Mais je préfère ne pas entendre… Alors inspecteur ? Que fait-on ?

L’inspecteur- On ne fait rien… Du moins, rien de précipité… Figurez-vous que je n’ai trouvé auprès de lui aucun objet tranchant… N’est ce pas intriguant ?

L’adjoint- Il aura balancé l’instrument par la fenêtre, voilà tout.

L’inspecteur- Mais oui, Barnier, ce doit être ça… Je reconnais bien là vos géniales déductions qui font la force et la fierté de la police judiciaire française… Le type s’est dit, après s’être tranché la gorge, «  Tiens, et si j’ouvrais la fenêtre, juste histoire de prendre l’air et comme cela, j’en profiterai pour balancer ma lame, et ensuite je refermerai la fenêtre avant de mourir en paix »… C’est cela, n’est ce pas ? Bien vu, Barnier, bien vu… Allez donc inspecter les parterres, vous aussi ça vous fera prendre l’air… Cherchez bien et prévenez-moi si vous avez du nouveau.

Barnier- C’est par où ?

Fabienne- (désignant la porte côté jardin) C’est par là… En descendant, à droite, la deuxième fenêtre… Vous verrez bien, là où il y a des massifs d’hortensias… Vous croyez que vous allez trouver ?

L’adjoint- Bien sûr que je vais trouver… Donc… Je cherche un objet tranchant… C’est bien ça, chef ?

L’inspecteur- Mais oui, Barnier, c’est tout à fait cela.
(Barnier sort.)

Fabienne- Dites-moi inspecteur… Sans vouloir être désobligeante… Votre collègue… Il a l’air… Comment dire… Non ?

L’inspecteur- Voyons Madame Duroc ! En milieu hospitalier, vous avez dû apprendre qu’on ne tire jamais sur une ambulance.

Tiphaine- Dites… Vous ne croyez pas qu’il serait temps de m’expliquer ce qu’il se passe ici ? Quelqu’un s’est suicidé, c’est ça ? (À Fabienne) On le connaît ?

Fabienne- Mais bien sûr, ma chère que nous le connaissons… Il s’agit de notre directeur, Monsieur Andrieux.

Tiphaine- Andrieux ? Non ? Et il est… ?

Fabienne- Ah… Ca, aucun doute… Il est bien mort… La gorge tranchée, il baigne dans son sang.

Tiphaine- (portant les mains à son cou) La gorge tranchée ? C’est horrible ! Ca doit faire mal !

Fabienne- Là, je suis bien d’accord avec vous… Il aurait pu choisir une mort moins violente.

L’inspecteur- (examinant l’encadrement de la porte) Vous savez… On ne lui a peut-être pas laissé le choix.

Fabienne- Que voulez-vous dire, inspecteur ?

L’inspecteur- Si vous voulez mon avis, je pense que votre directeur, on l’a probablement suicidé. Je vous l’ai dit, je n’ai trouvé aucun objet tranchant à sa portée et si j’ai laissé mon adjoint aller chercher sous les fenêtres, c’est uniquement dans le but de le laisser s’oxygéner …Non… Croyez-moi, ce suicide n’en est pas un… Nous avons bel et bien affaire à un crime.

Fabienne- Ce n’est pas possible… La pièce était fermée à clé et vous avez vu… C’est une serrure particulière… Ce n’est pas avec un vulgaire passe-partout  que l’on  peut l’ouvrir… Et voyez-vous, Monsieur l’inspecteur, nous ne sommes que deux à en détenir la clé, Andrieux et moi-même.

Tiphaine- Donc si ce n’est pas Andrieux qui a fermé la porte, c’est vous.

Fabienne- Tiphaine Garnier, je vous dispense de vos réflexions ridicules.

Tiphaine- Ben quoi !

L’inspecteur- Effectivement ce n’est pas complètement saugrenu et cela aurait pu faire de vous la coupable idéale… Ne protestez pas, vous êtes la première mais, à partir de maintenant, certainement pas la dernière à vous faire soupçonner… Je ne sais pas si vous êtes coupable ou innocente mais ce que je sais, c’est que ce n’est pas vous qui avez fermé cette porte au moment du meurtre.

Tiphaine- Ah oui ? Et comment vous le savez ?

L’inspecteur- Parce que cette porte a été fermée par Andrieux lui-même… Regardez ! Vous voyez à l’intérieur de l’encadrement de la porte, il y a du sang… Je suis prêt à parier que ce sang est celui de votre directeur, le labo le confirmera…

Fabienne- Mais… Comment se fait-il qu’il y ait du sang dans l’encadrement ?

L’inspecteur- C’est pourtant simple à comprendre… Monsieur Andrieux n’a pas eu la gorge tranchée lorsqu’il était dans cette pièce… Non… Il a vraisemblablement eu la gorge tranchée avant, lorsqu’il se trouvait dans ce couloir et c’est pour se protéger de son agresseur qu’il a cherché à se réfugier dans cette pièce… En laissant du sang s’écouler sur son passage, dans le couloir mais aussi tout autour de cette porte.

Fabienne- (à Tiphaine) Et vous vous êtes dépêchée d’effacer toutes traces du crime… Voilà pourquoi vous n’étiez pas à votre poste ce matin. Vous étiez occupée à rincer votre serpillière pleine de sang.

Tiphaine- Vous dites n’importe quoi ! Holà ! Doucement ! Moi je n’ai rien fait !

Fabienne- C’est donc pour cela qu’il n’y a pas trente secondes, vous étiez prête à m’accuser !

Tiphaine- Arrêtez votre délire ! Puisque je vous dis que je n’ai rien fait !

L’inspecteur- On se calme ! On se calme ! L’enquête ne fait que commencer et l’heure n’est pas encore aux conclusions. Ecoutez moi bien ! Et faites passer la consigne. A partir de maintenant, toutes les personnes qui auront été présentes entre minuit et neuf heures ce matin ont interdiction absolue de quitter la clinique. Je téléphone dès à présent au juge afin d’obtenir une commission rogatoire qui me donnera la possibilité d’interroger, de fouiller et de perquisitionner quiconque dans cette clinique… Faites passer l’information… (Il s’avance vers le public en le regardant attentivement)  Et que cela ne vous dispense pas de bien vous occuper de vos malades.

 

 

        FIN DU PREMIER ACTE