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Le stage de survie

 

Comédie théâtrale en 3 actes de Yvon Taburet.

10 Personnages (5 Hommes, 5 Femmes)

Décor : une façade de cabane dans la forêt, un appentis sommaire  et quelques branchages..

Durée : 90 minutes.

Résumé : Ils travaillent tous dans la même société et se retrouvent pour participer à un stage de survie, fortement suggéré par leur patron, Monsieur Duchamel et par Corinne la directrice des ressources humaines. Dès leur arrivée au campement, ils sont accueillis par le coach, Kévin dit Kéké, coach frimeur et légèrement mythomane, chargé de leur inculquer les rudiments de la survie en milieu hostile ; c’est ainsi que Corinne la DRH, se retrouve avec Audrey, une employée qui n’a pas la langue dans sa poche, à récolter orties et fougères tandis que Jean-Pierre le commercial fait équipe avec Bubu le magasinier pour tenter d’allumer un feu à la manière des hommes de Neandertal. Gonzague, le comptable, quant à lui, se retrouve avec Magali l’employée émotive pour essayer d’attraper du gibier ou du poisson. Tous se relaient pour soutenir Laurence, employée superstitieuse sur qui s’abat toute la misère du monde. Peu à peu, l’autorité de Kéké est contestée et le coach fait alors appel à un curieux couple qui tentera de lui venir en aide.

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Extraits

 

Acte 1
Sur scène, Jean-Pierre et Audrey. Ils portent chacun un sac à dos et  observent la cabane.

Jean-Pierre : (déposant son sac à dos) A mon avis, ce doit être là.

Audrey : Ca m’en a tout l’air. (Enlevant son sac à dos) Ouf ! Ce n’est pas trop tôt ! Ca fait bien une heure qu’on marche dans cette forêt. La DRH n’avait pas menti, pour arriver jusqu’ici, ça se mérite… Moi je suis habituée à randonner mais j’en connais qui en ce moment doivent commencer  à faire sérieusement la gueule. Nous aurions dû les attendre, tu ne crois pas ?

Jean-Pierre : S’il fallait commencer à attendre tous les blaireaux, nous serions encore sur le parking.

Audrey :   Ca va nous faire tout drôle de côtoyer les collègues dans ce contexte. Je ne sais pas, toi, mais moi, j’ai du mal à imaginer Magali sans son tailleur et Mr Lafleur sans son costume trois pièces. Ici, ils risquent d’être un petit peu dépaysés.

Jean-Pierre : Ca ne leur fera pas de mal. La plupart d’entre eux ne bougent jamais leurs fesses. Le seul exercice qu’ils s’accordent, c’est d’aller dix fois par jour de leur poste de travail à la machine à café. Si ce stage peut les secouer, crois-moi, je m’en réjouis.

Audrey : Tu les estimes tes collègues de boulot ! Pourtant, tu devrais, Jean-Pierre, tu devrais… Tu n’as pas retenu le discours de notre chère DRH ? «Dites-vous que dans notre entreprise, nous faisons tous partie de la même famille… »

Jean-Pierre : Moi, je suis commercial, je ne passe pas mon temps à me la couler douce dans les bureaux. Je bosse, moi… Je mouille ma chemise. Pas comme tous ces cols blancs planqués derrière leur ordinateur qui jouent au solitaire, regardent leur facebook et vous snobent quand vous passez dans les couloirs. Des clowns que je te dis ! Tous des clowns !

Audrey : C’est aussi pour moi que tu dis cela ? Tu sais, Jean-Pierre, ce n’est pas très gentil.

Jean-Pierre : Mais non ma petite Audrey, je sais bien que toi, ce n’est pas pareil. Même si tu bosses dans les bureaux, je vois bien que tu as gardé l’esprit baroudeur. Toi, tu es comme moi, tu aimes l’inattendu, l’exploration… Ne dis rien, je le sais, je le sens, toi, tu es disposée à vivre toutes les expériences,même les plus extrêmes, toi, tu te sens prête à respirer l’enivrant parfum de l’aventure, n’est ce pas mon petit chat ?
(Tout en parlant, il pose sa main sur l’épaule d’Audrey qui calmement lui prend la main pour se dégager.)

Audrey : Le petit chat n’a pas du tout envie de finir entre les griffes d’un gros matou,  alors si tu as des envies d’exploration, tu devrais commencer par cette cabane. Tu crois qu’il y a quelqu’un ?

Jean-Pierre : Normalement oui…Nous allons voir.  (Mettant ses mains en porte-voix) Il y a quelqu’un ? (Plus fort) Oh, oh ! Y a quelqu’un ? (À Audrey) J’ai l’impression qu’il n’y a personne ou alors s’il y a quelqu’un, il est devenu complètement sourd. A force de vivre dans les bois, il doit avoir de l’humus dans les oreilles, le gars… Je vais aller voir là dedans… (Il s’approche tout en continuant à crier.) Il y a quelqu’un ?
(La porte s’ouvre brutalement et Kéké surgit, un couteau à la main, l’air menaçant.)

Kéké (hurlant) : Oui ! Il y a quelqu’un !

(Jean-Pierre et Audrey reculent en hurlant à leur tour.)

Tous deux : Ah ! Ah !

Kéké :  C’est vous qui braillez comme ça ?

Audrey : Vous nous avez fait peur.

Kéké :  Ah bon ? Et pourquoi donc ?

Jean-Pierre : Si vous rangez votre couteau, nous pourrons peut-être nous expliquer plus sereinement.

Kéké (rangeant son couteau) : Ah oui ! Excuse-moi ! Ce sont de vieux réflexes que j’ai gardé du temps où je baroudais en Afrique. Leçon numéro un : toujours anticiper le danger. Leçon numéro deux : être prêt à frapper avant d’être frappé.

Jean-Pierre : Donc nous ne nous sommes pas trompés. C’est bien vous l’animateur du stage de survie.

Kéké : Oui, c’est moi le coach. Je m’appelle Kévin mais tu peux m’appeler Kéké. Et toi ? C’est comment ?

Jean-Pierre : Moi, c’est Jean-Pierre.

Kéké : (lui tapant dans le dos) Bienvenu Jean-Pierre !

Audrey : Moi, c’est Audrey. Enchantée. Je suis ravie de faire votre connaissance.
(Ils se serrent la main.)

Kéké : Audrey, Je t’arrête tout de suite. Ici pas de place pour les mondanités. Tu es venue jusqu’ici pour tutoyer la nature,  Alors, si tu t’apprêtes à tutoyer la nature, tu dois aussi me tutoyer comme je vais te tutoyer, d’accord ? C’est clair ?

Audrey : Euh… Oui, c’est clair.

Kéké : Bien ! Je sens que je vais m’entendre avec vous.  Vous n’êtes que deux ?

Jean-Pierre : Non, les autres ne devraient pas tarder… Ah ! Les voilà !
(Arrivée de Corinne, Magali et Bubu)

Corinne (à Jean-Pierre et Audrey) : Qu’est ce qui vous a pris de courir comme cela ! Nous devions arriver tous ensemble.

Jean-Pierre : S’il fallait attendre tous les traînards !

Audrey : Faut reconnaître que vous ne marchiez vraiment pas vite.

Jean-Pierre : Même en marchant sur les mains, nous serions arrivés avant vous.

Bubu : Tout le monde n’a pas le même rythme que vous.

Jean-Pierre : Non ? Sans blague ? Et tu crois que je ne l’avais pas remarqué ? Dans ce groupe, il y a des mollusques  qui n’ont pas plus de  deux de tension !

Bubu : Ce n’est pas parce qu’on marche comme des escargots qu’il faut nous en faire baver.