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Du rififi chez les grenouilles

 

Comédie théâtrale en 3 actes de Yvon Taburet.

11 Personnages (5 Hommes, 6 Femmes)

Décor : Un intérieur de maison de campagne. Un salon avec un canapé. Côté jardin, un escalier et un palier permettant les entrées et sorties vers le public. Ce palier-terrasse pourra être agrémenté d’une petite balustrade. En fond de scène, une porte menant vers les chambres et une autre vers la cuisine. Côté cour, une porte d’entrée. Il est également possible de mettre dans la salle roseaux ou bambous rappelant le marais.

Durée : 90 minutes (72 pages)

Résumé : Afin de fêter de manière originale l’anniversaire de sa femme Mariette, Guy a invité leurs amis, qui ne se connaissent pas, chez Liliane et Laurent qui habitent au cœur du marais. Certains arrivent à pied, sous le regard des grenouilles (le public) et déjà les avis divergent. Si Jo la baroudeuse est ravie d’entraîner Roger et Paulette qui pour une fois ont délaissé leur camping, Samantha la bcbg, en revanche, ne semble guère apprécier l’expérience et le fera sentir à Jo mais aussi à ses hôtes. Dolorès et son nouveau fiancé Juan-Pedro, arrivés quant à eux en voiture, ne vont pas contribuer à égayer l’atmosphère puisque Juan-Pedro, séducteur invétéré, se montre particulièrement pressant envers les dames. Tous néanmoins semblent prêts à faire des compromis afin de ne pas gâcher la fête, lorsque débarque Marius Canéloni, un drôle d’individu. D’où sort-il ? Qui est-il ? Et surtout pourquoi Juan-Pedro semble terrorisé en sa présence? Des personnages très contrastés, des dialogues hilarants et beaucoup de rythme et d’humour dans les situations. Cette délirante comédie réjouira acteurs et public en les faisant coasser de plaisir.

 

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Extraits

 

:(Elle ouvre la porte, se tient sur le palier et regarde en direction des spectateurs.)

Jo: Venez voir! Nous avons de la chance, demain il devrait faire beau. Vous voyez le canard là bas? Eh bien, lorsqu’il se pose à cet endroit, vous pouvez être sûr que le temps sera sec. Regardez! Il se pose. Croyez-moi, c’est un signe.

Roger: Un cygne? C’est marrant, il a une tête de canard votre cygne.

Jo: Je sais bien qu’il a une tête de canard, je dis simplement que quand il se pose à cet endroit c’est un signe, vous comprenez?

Roger: Ouais! J’ai compris… Un cygne avec une tête de canard.

Jo: Mais non! Ce n’est pas ça!

(Paulette les rejoint)

Paulette: Qu’est ce qui se passe? Qu’est ce que vous faites?

Roger: On s’instruit. Tiens! Viens voir Paulette… Tu vois le canard, là bas?

Paulette: Oui, je vois.

Roger: Tiens toi bien, c’est un cygne. Eh! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la spécialiste.

Jo: Attendez! Je n’ai pas dit ça.

Roger: Vous ne m’avez pas dit: «Quand il se pose à cet endroit, c’est un cygne.»?

Jo: Non, je n’ai pas dit c’est un cygne, j’ai dit: c’est un signe. Un signe de beau temps.

Roger: C’est ça! Y a des cygnes de beau temps et des cygnes de pluies maintenant ?

Paulette: Remarque!…On ne sait pas… On dit bien qu’il fait un froid de canard si ça se trouve on dit qu’il fait un beau temps de cygne.

Jo: Non on ne dit pas un beau temps de signe, on dit un signe de beau temps.

Roger: Oh! Maintenant ça suffit comme ça! Faudrait peut-être voir à arrêter de nous embrouiller la tête avec vos salades. C’est bon! Nous on est gentil mais faut pas nous prendre pour des andouilles. Je t’en ficherai des cygnes de beau temps!

Paulette: Pourquoi pas des poules mouillées pendant que vous y êtes!

Roger: Les poules, les canards, les cygnes… On vous laisse avec la basse-cour. Viens Paulette! Allons nous installer!

Paulette: Je te suis mon Ro-ro. (à Jo) Vous venez?

Jo : Non… Je crois que je vais rester prendre l’air.

Roger : Ne prenez pas tout.

(Sortie de Paulette et Roger)

Jo: (Elle est restée sur le palier à regarder les grenouilles.) Et ben! C’est génial! Je sens qu’on va s’éclater! D’ailleurs on a déjà commencé… On rigole, on rigole, on s’amuse, c’est fou comme on peut s’amuser! … Et je crois que ce n’est pas fini. (Fixant les grenouilles) Je «coa» que ce n’est pas fini… Je «coa, je «coa» je «coa»… coa, coa…

( à la fin de la réplique, arrivée côté cour de Juan-Pedro. Arrivé doucement, après avoir observé Jo, il la rejoint sur le palier. Elle continue de «coasser» un moment avant de s’apercevoir de sa présence.)

 

Jo: Ah! Vous m’avez fait peur!

Juan-Pedro: Pourqué? Vous n’avez pas besoin d’avoir peur, yé né mange pas les grenouilles, Yé né souis pas français, yé souis espagnol, yé mange les tapas. Yé né mange pas les cuisses de grenouilles, moi les cuisses, yé préfère les admirer. (regard insistant) Sénorita!Votre présence dans cette «maisonne» est oune miracle une «bénédictionne».

Jo  : Ben dites donc! A ce point là? Remarquez, ça fait toujours plaisir à entendre. Cher Monsieur… A qui ai-je l’honneur?

Juan-Pedro: Yé m’appelle Juan-Pedro, Senorita et y’étais jusqu’à présent l’espagnol lé plous malheureux du monde .

Jo: Et pourquoi donc?

Juan-Pedro: Parce que yé né vous connaissais pas. Yé me doutais que vous existiez mais yé vous avais «yamais» rencontré. Entre la Madonna et la «coquina»! Lé mélange parfait! Permettez! (Il lui prend la main.) Caramba! C’est tout à fait la douceur qué y avais imaginé.

Jo : Ben voyons!

Juan-Pedro: Vous savez qué vous avez oune peau de velours, oune peau qui respire l’amour. Vous, vous devez être oune grande sensouelle. Yé lé sens! Juan-Pedro ne se trompe yamais. C’est comment votre petit nom?

Jo: Moi? C’est Jo.

Juan-Pedro: Yo?

Jo: Non ! Pas Yo ! Jo!

Juan-Pedro : C’est «yoli» Yo.

Jo: Ouais, c’est ça !

Juan-Pedro: Dites moi, Bella Yo , vous êtes toute seule ici.

Jo: Toute seule? Comment cela?

Juan-Pedro: Ye veux dire pas de mari, pas de pétite fiancé?

Jo: Ah non! Et je ne m’en porte pas plus mal, croyez moi! Comme ça, pas de laisse, pas de muselière. Je ne suis attachée qu’à ma liberté et je mords qui je veux, quand je veux.

Juan-Pedro: Ma pourqué vous dites cela? Tous les hommes ne gardent pas leurs femmes en laisse…

Jo: Mon œil! Vous n’avez pas remarqué? Dès que les gens sont en couple, un des premiers cadeaux que fait Monsieur à Madame, c’est un collier. Çà veut bien dire ce que ça veut dire ! La seule différence avec un chien, c’est le prix du collier.

Juan-Pedro : Ma pétite Yo, yé vais vous dire, vous êtes «bella comma la soleilla» mais pas très «romantiqua.»

Jo: «Bella comma la soleilla mais pas conna comma la luna.»

Juan-Pedro: Aie! Aie! Aie! Pourqué tant de haine! Pourqué tant de violence? Mon pétit cœur saigne quand yé vous entends. Vous, vous n’avez pas rencontré le conquistador de l’amour, ça se voit tout de suite ma vous avez dé la chance, maintenant vous connaissez Juan-Pedro.

Jo: Je le vois venir au galop le con qui s’adore! Voyez vous cela! Si je le laisse faire, le Spanish, en moins de deux, il va vouloir découvrir mes Amériques.

Juan-Pedro: Vous n’aimez pas «l’explorationne»?

Jo: J’adore « l’explorationne» mais j’aime bien choisir l’explorateur.