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De vers en verres

 

Comédie théârale paysanne en 3 actes de Yvon Taburet.

10 Personnages (5 Hommes, 6 Femmes)

Décor : Un café-épicerie de campagne. D'un côté, le comptoir avec au bout une sortie qui donne sur la cuisine. La séparation pourra se faire avec un rideau de rubans plastifiés par exemple. De l'autre côté, l'épicerie et deux portes: celle de la remise et celle des WC . Au milieu deux tables de café. (en option) le fond du décor laisse apparaître un paysage qui peut être une place de village. Ce paysage est visible par les deux fenêtres qui encadrent la porte d'entrée du café. Cette porte d'entrée sera équipée d'une petite sonnerie rythmant ainsi les allées et venues des clients. Lors du changement de décor, le jude-box peut être remplacé par un phonographe ou un quelconque appareil de musique qui devra suffisamment être « typé ».

Durée : 90 minutes (68 pages)

Résumé : Au "café des amis", Café-alimentation de campagne, on y rencontre des habitudes et des habitués : Germaine, la patronne, incontestable et surtout pas contestée par Robert, son mari, tantôt bourru, tantôt charmant et légèrement obsessionnel. On y rencontre aussi l'incontournable Père Eugène, véritable philosophe de comptoir, Josette, la commère à l'affût de la moindre nouvelle, et toujours attentive lorsqu'on parle de Lucien, agriculteur dynamique et innovateur qui veut se lancer dans l'élevage de lombrics. On y croise aussi la Hulotte, la voyante-guérisseuse qui, une fois par semaine, consulte chez Germaine, ce qui n'est pas toujours au goût de tous les consommateurs. A cette galerie de portraits, il faudrait ajouter Francis, le représentant en confitures, très collant avec les dames, ainsi que les clients occasionnels, les cyclistes... Les spectateurs en reconnaîtront plus d'un à travers ces personnages tous très "typés". Beaucoup de rythme et des dialogues colorés, souvent hilarants dans cette tranche de vie d'un café-épicerie. Des vers de Lucien aux verres de Germaine, cette pièce en prose séduira un large public.

 

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Extraits

 

(Arrivée de Francis)

Francis: C'est pas vrai ! Vous êtes là ! Comment avez-vous su que je viendrais ?

Isabelle: Mais monsieur...

Francis: Ne dites rien, j'ai deviné, vous l'aviez pressenti, la fameuse intuition féminine... Hum... Vous vous êtes dit, c'est aujourd'hui que j'ai rendez-vous avec l'amour, je ne vais pas rater ma chance... Et qui se présente devant vos grands yeux ébahis ? Et voili et voilo et voilà : Francis.

Isabelle : Mais monsieur...

Francis: Ah non, j'y suis ! L'intuition n'a rien à voir dans tout cela... C'est le destin, le destin ! Vous avez consulté cette vieille folle de voyante et elle vous l'a prédit... Elle vous a fait son baratin (il la mime.) et finalement, elle vous a dit qu'à la croisée de Vénus et de Jupiter, il y aurait Francis, Francis et sa petite camionnette.

Isabelle : Enfin monsieur...

Francis : Ne dites rien, nous aurons toute la vie pour nous parler... Voyons... (Il commence à l'examiner.) La cuisse longue, j'aime assez... Il manque un peu de...(il fait le geste.) Bof... Avec un petit traitement, laitage et féculents, ça devrait pouvoir s'arranger parce qu'entre nous, vaut mieux faire envie que pitié, pas vrai ? Ah ! Le teint, un p'tit peu anémié... Normal, vous venez de la ville... Dans deux mois, il n'y paraitra plus.

(Elle sourit, air narquois)

Francis : Ah ! Les dents, important les dents... Oui, ça a l'air d'aller, du moins en ce qui concerne la devanture... Et dans le fond ? Ouvrez voir ! Parce que des fois, c'est comme dans certains restaurants, propre dans la salle et crado en cuisine, vous voyez ce que je veux dire...

Isabelle : Vous vous croyez sur le marché au cadran ou dans un concours du comice agricole ?

Francis : Ah ! Des notions d'agriculture, c'est bien ça. C'est bien ! Vous ne serez pas dépaysée... C'est vrai ça, le nombre de filles de la ville qui confondent un cheval avec une jument, vous me suivez ? (air égrillard)

Isabelle : Ça, c'est pas encore fait !

Francis : Pardon ?

Isabelle : Non, ce n'est pas grave, je vous en prie continuez...

Francis : Je vous en prie ? Allons, allons, pas de politesse... Pour commencer, on se dit TU, je sais bien, comme on dit, on n'a pas gardé les cochons ensemble mais...

Isabelle : En effet, vous avez dû les garder tout seul... Et vu l'odeur persistante... à mon avis, il n'y a pas si longtemps que ça !

Francis : (un peu désarçonné) Mais tu... mais vous... Vous vous trompez, c'est mon eau de toilette.

Isabelle : On ne vous a pas dit qu'il n'était pas nécessaire de mettre toute la bouteille ?

Francis : A quoi ça sert d'en mettre si c'est pour qu'on ne puisse pas la sentir ?

Isabelle : C'est d'une logique implacable, je vois que vous avez un sens de la nuance très prononcé.

Francis : (au public) J'ai la désagréable impression qu'elle me prend pour un con.