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Le jardin secret d'Anémone et Violette

 

Comédie théâtrale en 3 actes de Yvon Taburet.

11 Personnages (5 Hommes, 6 Femmes)

Décor : Un salon bourgeois. Côté jardin, une porte donnant sur la chambre de Julien. Côté cour,une porte qui mène vers l’office et l’entrée. En fond de scène, une porte menant aux appartements .

Durée : 105 minutes (94 pages)

Résumé : Quel est donc ce fameux jardin secret qu’Anémone ou Violette ne peuvent dévoiler ? Tout commence le jour où Anémone Bréval, charmante vieille dame de quatre vingt deux ans, entre dans la chambre de Julien, son petit fils. Elle sait que celui ci fait des expériences sur le rajeunissement des cellules, mais elle est loin d’imaginer les conséquences de cette intrusion. Lorsqu’elle ressort de la chambre, Mamie Anémone a rajeuni d’une cinquantaine d’années. Cette transformation, qui n’est pas du tout du goût de l’intéressée, ne s’annonce pas facilement à ses proches, et surtout pas à Francine, la vieille employée au cœur fragile, depuis toujours au service de la famille. Dès lors, afin de ménager l’émotivité de Francine, Anémone va se transformer, avec la complicité de certains, en… Violette, sous les yeux de sa propre fille qui ne la reconnaîtra pas. Cette situation, déjà bien compliquée, deviendra rapidement infernale lorsqu’un célèbre artiste peintre « déjanté » voudra la prendre comme modèle et que deux soupirants éperdument amoureux viendront soupirer de plus en plus bruyamment. De nombreux rôles variés, beaucoup de rythme et des dialogues percutants dans cette comédie.

 

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Extraits

 

JULIEN J’ai l’impression que notre chère Francine a le tempérament volcanique ce matin... Oh oui, elle bout de partout, elle commence à fumer, c’est mauvais signe. Elle ne va pas tarder à entrer en éruption. Vite Mamie, tout le monde aux abris, sinon nous sommes morts…Mais non Francine, je plaisante, dites moi plutôt ce qui vous chagrine, et si je peux faire quelque chose, soyez assurée que…

FRANCINE Si je peux faire quelque chose? Mais qu’est ce que vous voulez qu’il fasse ce pauvre garçon? Il ne sait rien faire. Si ce n’est pas malheureux, ça a trente ans passés, et ça se dit étudiant. Étudiant, mon œil oui! Moi j’appelle pas ça étudiant, à trente ans, j’appelle ça fainéant, c’est pas pareil!

MAMIE Alors là, vous êtes injuste Francine, Julien prépare son doctorat. Croyez moi, cela ne se fait pas en six mois.

FRANCINE Il prépare son doctorat, où ça? (désignant sa chambre) Dans sa grotte ? Faut pas me prendre pour une andouille, un étudiant, ça étudie aux écoles, Ça reste pas à flemmarder des jours entiers dans sa chambre.

JULIEN Ma chère Francine, ce serait trop long à vous expliquer…Je fais de la recherche, alors que ce soit ici ou au labo, ce n’est pas le lieu qui importe.

FRANCINE Ca doit être un sacré nid à poussière dans ce taudis, depuis le temps que vous m’interdisez d’entrer. Un de ces jours, je ne vais pas vous demander votre avis et je vais vous faire le grand ménage là dedans.

JULIEN Francine, si vous faites ça, je vous jure que je vous fais manger votre tablier et vos chaussures avec.

FRANCINE Mais c’est qu’il le ferait cet animal ! Il n’aurait aucun scrupule à m’ étouffer. Quand je pense que je lui ai donné le biberon, que je lui ai torché les fesses, que je lui ai appris à se moucher le nez…Ca, il n’a pas dû le retenir, parce qu’il reste toujours aussi morveux, Sale gosse!

JULIEN Allons Francine, ne vous mettez pas dans cet état, vous me fendez le cœur. Vous savez très bien que je vous adore, mais je ne puis actuellement autoriser l’entrée de ma chambre, un point c’est tout. Ai-je été assez clair?

FRANCINE Et pourquoi donc? C’est quoi votre chambre, c’est la chambre de Barbe- bleue? Vous avez caché des cadavres dans votre armoire ou quoi?

MAMIE Mon petit Julien, je dois reconnaître que Francine a des raisons de s’énerver. Tu pourrais peut être, au moins, essayer de lui expliquer.

FRANCINE Pensez vous, Môssieur Julien est persuadé que la pauvre Francine est bête comme chou, tout juste bonne à éplucher des patates. Môssieur Julien ne va pas perdre son temps à expliquer quoi que ce soit à la pauvre Francine, de toutes façons, elle ne comprendrait rien.

JULIEN Ca y est Francine, vous avez fini votre numéro? Je peux parler? Merci. Je ne vous prends nullement pour une imbécile et vous le savez très bien. Maintenant, si vous insistez, sachez simplement que je suis en train de mettre au point un prototype et comme je n’ai pas fini de le programmer, je tiens absolument à ce que personne n’entre dans cette pièce. Voilà, me suis-je bien fait comprendre?

MAMIE Dis moi Julien, ton…prototype, ce n’est pas dangereux au moins?

JULIEN Non, rassure toi, Mamie, il ne présente aucun danger…Pour qui sait s’en servir, mais pour plus de sécurité, j’exige que personne d’autre que moi ne pénètre dans cette chambre.

FRANCINE Moi je dis qu’un jour cette andouille finira par faire sauter la baraque, et ce ne sera pas la première fois. Vous avez tous la mémoire courte dans cette famille. Vous avez déjà oublié? A dix ans, son irresponsable de père lui avait offert le coffret du petit chimiste… Du petit chimiste, tu parles! du petit incendiaire, ouais! Le gosse avait tout noirci la tapisserie avec ses cochonneries d’expériences.

JULIEN C’est comme cela que naissent les vocations, ma chère Francine. Mais rassurez vous, je vous le redis, vous n’avez rien à craindre, sauf si vous cherchez à franchir cette porte, alors là, je ne répondrais plus de rien.

FRANCINE Dieu m’en garde! Restez donc croupir dans vos saletés, après tout, c’est votre crasse, moi je m’en lave les mains…Oh là là, et le temps qui passe! J’ai encore à faire et puis après, il faudra que j’aille faire mes courses, parce qu’elles ne vont pas se faire sans moi .(Elle sort.)

JULIEN Ouf! la tempête est passée…Et bien dis donc, avec Francine, on a intérêt à garder le pied marin si on ne veut pas se faire engloutir, pas vrai Mamie ?

MAMIE Tu dis cela, mais tu sais très bien qu’il n’y a pas meilleure personne que Francine, seulement, comme tout le monde, elle souhaiterait parfois que son travail soit un peu plus reconnu.

JULIEN Mais, pourquoi faut-il qu’elle me considère toujours comme un gamin?

MAMIE C’est tout à fait normal. Tu sais bien que c’est elle qui t’a quasiment élevé. Avec son activité professionnelle, ta mère ne pouvait pas être au four et au moulin, il a bien fallu qu’elle se fasse seconder.

JULIEN Comme le dit la météo marine, il me faut bien reconnaître que j’ai eu souvent une mère agitée.

MAMIE Que veux-tu, ta mère a un tempérament artistique, c’est sans doute ce qui fait son charme.

JULIEN Sacrée Mamie, je te reconnais bien là, tu serais la mère de Jack l’éventreur, tu lui donnerais encore l’absolution.

MAMIE Dis moi, mon petit Julien, si ce n’est pas trop indiscret, ton prototype, comme tu dis, il va te servir à quoi?

JULIEN Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Vois tu, je ne maîtrise pas encore tous les paramètres, mais les expériences que j’ai pu faire sur les souris sont tout à fait prometteuses.

MAMIE Julien, ne me dis pas que tu as introduit des souris dans ta chambre. Oh mon Dieu! Si Francine l’apprenait…

JULIEN En fait, pour plus de fiabilité, je pensais continuer l’expérience avec des chimpanzés…

MAMIE Des chimpanzés! Julien, dis moi que tu n’es pas sérieux!

JULIEN Mais si Mamie, franchement, ai-je vraiment la tête d’un plaisantin?

MAMIE Pourquoi t’obstines tu à mener ce genre d’expériences ici? Pourquoi pas dans ton laboratoire? Il me semble que ce serait plus adapté.

JULIEN Vois tu Mamie, je n’en suis qu’aux prémisses. Mes résultats sont actuellement si peu probants, mes méthodes d’expérimentation encore si empiriques, que je n’ose pas, pour le moment, officialiser mes travaux. Dans quelques semaines peut être…

MAMIE Mais enfin Julien, de quoi s’agit-il au juste?

JULIEN Je ne fais que chercher ce que tant d’autres ont vainement cherché avant moi, seulement moi j’espère trouver sans avoir à pactiser avec le diable.

MAMIE Tu m’inquiètes mon garçon, que cherches-tu à la fin?

JULIEN Je cherche l’élixir de jouvence, celui de l’éternelle jeunesse.

MAMIE Que dis-tu mon petit?

JULIEN Non Mamie, je plaisantais, je fais tout simplement une étude sur le vieillissement des cellules, je ne peux guère t’en dire plus, plus tard peut-être…Enfin, en tout cas, tu n’as aucune crainte à avoir, mes expériences n’auront aucune incidence sur la vie familiale, je te l’assure.

MAMIE Mais oui, mais oui, je n’en doute pas.